Un courrier ou un appel de recouvrement peut faire monter la pression, mais la réalité est plus simple que vous ne le pensez. Les sociétés de recouvrement disposent de pouvoirs limités et misent surtout sur la persuasion. Sans décision de justice, elles ne peuvent ni saisir vos biens ni bloquer vos comptes. Comprendre leurs limites et vos droits permet de reprendre la main, de négocier sereinement et d’éviter les mauvaises décisions prises dans la précipitation.
💡 À retenir
- 80% des créances sont récupérées sans intervention judiciaire
- Les sociétés de recouvrement ne peuvent pas saisir des biens sans décision de justice
- Les débiteurs ont le droit de contester les demandes de recouvrement
Pouvoirs limités des sociétés de recouvrement
Pour commencer, rappelons ce qu’est une société de recouvrement. Il s’agit d’un prestataire mandaté par un créancier pour récupérer une somme impayée, parfois après rachat de la créance. Sa mission est d’abord amiable : informer, relancer, négocier un paiement ou un échéancier. Elle doit s’identifier clairement, préciser la nature et le montant de la dette, et communiquer les coordonnées du créancier.
Leur pouvoir s’arrête aux portes du judiciaire. Les sociétés de recouvrement ne peuvent pas saisir vos biens, votre salaire ou votre compte bancaire. Pour qu’une saisie soit possible, il faut un titre exécutoire délivré par un juge à l’issue d’une procédure. Sans cette décision de justice, aucune saisie, aucun huissier, aucune contrainte n’est légale. Elles ne peuvent pas non plus vous imposer des frais de recouvrement additionnels au détriment du consommateur, ni vous « blacklister ».
Dans la grande majorité des cas, un accord amiable suffit. En pratique, 80% des créances sont récupérées sans passage au tribunal. C’est la preuve que l’objectif de ces prestataires est d’obtenir un engagement de paiement rapide, pas de déclencher systématiquement une procédure.
Les mythes sur le pouvoir des sociétés de recouvrement
Beaucoup d’idées reçues circulent. Mieux vaut les écarter pour décider en connaissance de cause.
- « Elles peuvent envoyer un huissier dès demain » : faux, l’huissier ne peut intervenir pour une saisie qu’avec un jugement.
- « Elles peuvent me menacer de prison » : non, l’endettement n’est pas un délit.
- « Elles vont vider mon compte » : impossible sans décision judiciaire préalable.
- « Si je décroche, j’avoue la dette » : répondre ne vaut pas reconnaissance, et vous pouvez demander un échange écrit.
- « Les sociétés de recouvrement fixent les intérêts comme elles veulent » : tout intérêt ou pénalité doit être prévu par le contrat ou la loi et clairement justifié.
Droits des débiteurs face aux sociétés de recouvrement

Vous avez le droit d’obtenir la preuve de la dette : contrat ou facture à l’origine de la somme, décompte détaillé du principal, des intérêts et éventuelles pénalités. Vous avez aussi le droit de contester, surtout si la somme vous paraît erronée, déjà payée ou prescrite. La contestation se fait de préférence par lettre recommandée avec accusé de réception, ce qui permet de suspendre la pression le temps de la vérification.
Vous pouvez exiger que les échanges se fassent par écrit, refuser des appels répétés et dénoncer tout comportement agressif ou intimidant. Les frais de recouvrement ne peuvent pas être imputés au consommateur, sauf texte particulier. Vérifiez la prescription : selon la nature de la dette, un délai peut éteindre l’action du créancier. Si le délai est dépassé, vous pouvez opposer la prescription et refuser le paiement.
Les recours possibles pour les débiteurs
Si le dialogue s’enlise, plusieurs options s’offrent à vous. Commencez par formaliser votre position par écrit : demande de justificatifs, contestation motivée ou proposition d’échéancier. Si vous recevez une injonction de payer, vous pouvez former opposition dans les délais indiqués pour faire valoir vos arguments devant un juge. En cas de pratiques abusives (appels incessants, menaces), conservez des preuves et déposez une plainte. Vous pouvez aussi solliciter un conciliateur pour tenter un accord à moindre coût.
Comment gérer une demande de recouvrement
Adoptez une méthode simple et structurée. D’abord, gardez votre calme et vérifiez l’identité de l’interlocuteur. Demandez par écrit le détail de la créance : origine, décompte, justificatifs. Comparez avec vos documents, contrôlez les dates, puis examinez la prescription. Évaluez votre capacité de remboursement de façon réaliste pour éviter une promesse intenable et préparez un plan de paiement si la dette est due.
Concrètement, si l’on vous réclame 1 200 € sur un ancien abonnement, exigez le contrat et la dernière facture. Si la dette a plusieurs années, vérifiez le délai légal applicable. Si elle est due, proposez un échéancier compatible avec votre budget plutôt qu’un paiement intégral qui vous mettrait en difficulté. En cas d’erreur ou d’inflation de pénalités, contestez et demandez une révision chiffrée avant tout versement.
Conseils pratiques pour gérer le recouvrement
- Privilégiez l’écrit : courriels ou courrier recommandé, et archivez tout.
- Exigez un décompte précis avant de payer et refusez tout frais non justifié.
- Négociez un échéancier réaliste et demandez une confirmation écrite de l’accord.
- Ne communiquez jamais votre RIB par téléphone ; utilisez des moyens de paiement traçables.
- Si vous doutez, consultez un professionnel ou une association de consommateurs pour valider votre stratégie face aux sociétés de recouvrement.