Le 3977 est le numéro national qui permettait de signaler des situations de maltraitance envers les personnes âgées et les adultes en situation de handicap en France. Depuis le 1er mars 2026, le 3977 a été remplacé par le 3133, nouveau numéro unique dédié à la lutte contre les maltraitances envers les adultes vulnérables. Ce changement s’accompagne d’une refonte technique du dispositif de signalement.
Du 3977 au 3133 : pourquoi le numéro a changé
Le 3977 fonctionnait sous l’égide de la Fédération 3977, qui coordonnait un réseau de centres départementaux ALMA (Allô Maltraitance) répartis sur le territoire. Ce réseau comptait 52 centres couvrant 74 départements, avec plus de 600 bénévoles formés à l’écoute et à l’orientation des appelants.
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Le passage au 3133 ne se limite pas à un simple changement de numéro. Il traduit une volonté de centraliser et de professionnaliser le traitement des signalements. Le ministère du Travail et des Solidarités a acté cette bascule pour créer un dispositif plus lisible et mieux articulé avec les institutions compétentes.
Certaines structures continuent d’afficher le 3977 sur leurs supports de communication, faute de mise à jour. En revanche, le numéro de référence officiel est bien le 3133 depuis mars 2026.
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SIRENA : le système d’information derrière le 3133
Le remplacement du 3977 par le 3133 s’est accompagné de la création d’un outil technique structurant. Un décret du 27 février 2026 a instauré le système SIRENA, conçu pour centraliser les signalements reçus via le nouveau numéro.
SIRENA permet de tracer chaque appel, de documenter la situation signalée et d’orienter le dossier vers les cellules de recueil compétentes, notamment au sein des Agences régionales de santé. L’ancien dispositif reposait davantage sur un fonctionnement associatif décentralisé, avec des variations de traitement selon les départements.
Cette infrastructure numérique vise à réduire les pertes d’information entre le moment de l’appel et la prise en charge effective de la situation. Les données disponibles ne permettent pas encore de mesurer l’impact concret de ce nouveau système sur les délais de traitement, mais l’architecture technique marque une rupture avec le fonctionnement antérieur.
Qui peut appeler le 3133 et pour quelles situations
Le 3133 s’adresse à un public large. Victimes directes, proches, aidants familiaux, voisins ou professionnels du secteur médico-social peuvent composer ce numéro. L’appel est gratuit, accessible 7 jours sur 7, de 9 h à 20 h.
Les situations couvertes concernent les maltraitances envers trois catégories de publics vulnérables :
- Les personnes âgées, qu’elles vivent à domicile ou en établissement (EHPAD, résidence autonomie)
- Les adultes en situation de handicap, quel que soit leur lieu de vie
- Les personnes en situation de précarité exposées à des formes de maltraitance (négligences, violences, abus financiers)
Un accès pour les personnes sourdes ou malentendantes existe via une traduction en langue des signes française. Le service accueille les appels même en cas de doute sur la réalité de la maltraitance, ce qui abaisse le seuil d’alerte pour les témoins hésitants.
Maltraitance des adultes vulnérables : ce que recouvre le terme
La notion de maltraitance ne se réduit pas aux violences physiques. Le dispositif du 3133 couvre un spectre de situations que la Fédération 3977 avait déjà documenté au fil des années d’activité :
- Les violences psychologiques (humiliations, isolement forcé, chantage affectif)
- Les négligences actives ou passives (absence de soins, alimentation inadaptée, défaut d’hygiène)
- Les abus financiers ou patrimoniaux (détournement de revenus, procurations abusives, pressions sur les testaments)
- Les atteintes aux droits et libertés (privation de visites, confiscation de documents d’identité, restrictions de déplacement)
Les professionnels qui répondent au 3133 analysent la situation décrite par l’appelant, puis orientent vers les services compétents : conseil départemental, procureur de la République, services sociaux ou autorités administratives.
Le rôle des professionnels témoins
Les soignants, aides à domicile et travailleurs sociaux occupent une position de premier plan dans la détection de ces situations. Un professionnel témoin de maltraitance a une obligation légale de signalement. Le 3133 leur offre un canal dédié pour structurer leur démarche, y compris sous couvert d’anonymat lorsque la situation le justifie.

3977 ou 3133 : que faire si vous tombez sur l’ancien numéro
La coexistence temporaire des deux numéros dans les documents publics crée une confusion légitime. Des brochures, des affiches en salle d’attente ou des sites internet affichent encore le 3977 plusieurs mois après la bascule.
Le 3133 est le seul numéro national officiel depuis mars 2026. Si vous rencontrez encore le 3977 sur un support institutionnel, cela signifie que le document n’a pas été mis à jour. Le réflexe à adopter est de composer directement le 3133.
Pour les structures médico-sociales, la mise à jour de leurs supports de communication (affichage obligatoire, livrets d’accueil, sites internet) fait partie des obligations liées à ce changement. Les retours terrain divergent sur la rapidité de cette transition selon les établissements et les départements.
Le passage du 3977 au 3133 reflète une restructuration du dispositif national de lutte contre les maltraitances, avec un outil de traçabilité (SIRENA) qui n’existait pas sous l’ancien format. Pour toute situation de maltraitance suspectée ou avérée envers un adulte vulnérable, le 3133 reste le premier réflexe à avoir, que l’on soit victime, proche ou simple témoin.

